NORAD et Cheyenne Mountain

Rôle opérationnel de la défense antimissile NORAD

Le rôle opérationnel du NORAD en matière de défense antimissile

Tunnel du NORAD vers le complexe de commandement

Tunnel du NORAD vers le complexe de commandement

Ma visite suivante à Cheyenne Mountain et au siège du NORAD n’a pas été seulement intéressante et utile. Elle s’est avérée absolument fascinante. Le NORAD est un commandement conjoint américano-canadien qui a vu le jour dans les années 1950 et dont l’épine dorsale est la ligne de radars DEW (Distant Early Warning) installée dans la toundra canadienne. En 1969, lorsque j’ai reçu mon briefing sur la mission du NORAD, celui-ci traquait déjà les déchets spatiaux et réorientait sa mission de défense contre les bombardiers soviétiques à armement nucléaire de l’époque précédente vers la défense contre les ICBM soviétiques à armement nucléaire. Aujourd’hui, le NORAD décrit ses missions de la manière suivante :

L’alerte aérospatiale, le contrôle aérospatial et l’alerte maritime pour l’Amérique du Nord. L’alerte aérospatiale comprend la détection, la validation et l’alerte en cas d’attaque contre l’Amérique du Nord, que ce soit par des aéronefs, des missiles ou des véhicules spatiaux, grâce à des accords de soutien mutuel avec d’autres commandements.

Vous avez pénétré dans le complexe du NORAD en vous enfonçant dans un tunnel situé sous la montagne Cheyenne, entièrement en granit, juste à l’extérieur de Colorado Springs, dans le Colorado. Pour sortir du véhicule, il fallait passer par deux énormes portes blindées. Elles ont été conçues pour protéger les personnes se trouvant à l’intérieur des portes des radiations et des effets de souffle provoqués par les ogives nucléaires frappant la montagne.

Porte de la voûte du tunnel menant au complexe de commandement du NORAD

Porte de la voûte du tunnel menant au complexe de commandement du NORAD

Carte du complexe NORAD

Carte du complexe NORAD

Après avoir franchi les portes blindées, un court tunnel vous mène dans une énorme salle ressemblant à une grotte. On y trouvait des bureaux préfabriqués à plusieurs étages qui s’élevaient jusqu’au plafond de la grotte, plusieurs étages au-dessus. Ces structures de bureaux reposaient sur de grandes poutres en I sur le sol de la grotte. Tous les services de communication, d’eau et d’électricité ont été raccordés aux structures de bureaux par l’intermédiaire de connexions à ressort géantes situées sur les poutres en I. L’ensemble de la conception devait permettre aux structures de survivre à une attaque nucléaire sur le complexe montagneux sans que ses fonctionnalités soient détruites.

Dans le langage de James Bond, il s’agissait de s’assurer qu’en cas d’attaque nucléaire sur le siège montagneux du NORAD, les personnes travaillant à l’intérieur seraient secouées, mais pas ébranlées. Ma formation initiale en matière de défenses spatiales était un avant-goût de ce que nous allions tous voir par la suite. Aujourd’hui, l’espace est reconnu, sur le plan de la doctrine et de l’organisation, comme son propre théâtre de guerre. Mais cette évolution n’a été officiellement reconnue que récemment, 50 ans après ma visite à Cheyenne Mountain. Ce n’est qu’en 2019 que le président et le Congrès ont transféré la mission de défense contre les missiles balistiques et les satellites à la force spatiale américaine nouvellement créée.