{"id":34051,"date":"2026-08-08T23:54:25","date_gmt":"2026-08-08T23:54:25","guid":{"rendered":"https:\/\/wbowe.com\/?page_id=34051"},"modified":"2026-08-08T23:54:25","modified_gmt":"2026-08-08T23:54:25","slug":"chicago-ere-du-jazz-1901-1950","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/wbowe.com\/fr\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\/","title":{"rendered":"Chicago \u00e0 l&rsquo;\u00e8re du jazz, 1901-1950 | L&rsquo;histoire d&rsquo;un Cliff Dweller"},"content":{"rendered":"<h1>Chapitre 4 : Chicago \u00e0 l&rsquo;\u00e8re du jazz, 1901\u20131950<\/h1>\n<figure style=\"margin:6px auto 18px;max-width:440px;text-align:center;\"><a href=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1930-2026030678_dl.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"Cliquer pour voir en taille r\u00e9elle avec l\u00e9gende\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1930-2026030678_nc.jpg\" alt=\"Le centre-ville de Chicago, 1930\" style=\"max-width:100%;max-height:280px;width:auto;height:auto;display:block;margin:0 auto;border-radius:6px;box-shadow:0 2px 10px rgba(0,0,0,0.3);\"><\/a><figcaption style=\"font-size:11px;color:#2a1f14;font-weight:600;font-style:italic;margin-top:6px;line-height:1.4;\">Le centre-ville de Chicago, 1930 \u2014 la Tribune Tower et le Wrigley Building ancrant une silhouette urbaine b\u00e2tie durant le demi-si\u00e8cle s\u00e9parant l&rsquo;exposition universelle de la D\u00e9pression.<\/figcaption><\/figure>\n<h3 id=\"chap-era1901-sub1\" style=\"scroll-margin-top:60px;\">Une ville qui se r\u00e9invente<\/h3>\n<p>Au tournant du vingti\u00e8me si\u00e8cle, Chicago s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 reconstruite une fois, apr\u00e8s l&rsquo;incendie de 1871, et avait montr\u00e9 au monde ses ambitions lors de l&rsquo;Exposition universelle colombienne de 1893. Mais la ville qui \u00e9mergea dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du nouveau si\u00e8cle \u00e9tait tout autre : plus grande, plus riche, plus violente, plus cr\u00e9ative et plus divis\u00e9e sur le plan racial que tout ce que les fondateurs de Fort Dearborn auraient pu imaginer. En l&rsquo;espace de cinquante ans, Chicago passa d&rsquo;une ville ferroviaire et d&rsquo;abattoirs en plein essor, chaotique et prosp\u00e8re, \u00e0 une m\u00e9tropole qui donna \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique son premier plan d&rsquo;urbanisme complet, son gangster le plus tristement c\u00e9l\u00e8bre, quelques-uns de ses plus grands po\u00e8tes et romanciers, et l&rsquo;une de ses \u00e9meutes raciales les plus sombres. Elle devint aussi, d\u00e8s 1945, l&rsquo;un des arsenaux qui contribu\u00e8rent \u00e0 gagner une guerre mondiale. Peu de villes am\u00e9ricaines chang\u00e8rent autant, ni aussi vite, que Chicago entre 1901 et 1950.<\/p>\n<h3 id=\"chap-era1901-sub2\" style=\"scroll-margin-top:60px;\">Le Plan de Burnham et \u00ab Ne faites pas de petits plans \u00bb<\/h3>\n<figure style=\"float:right;margin:4px 0 12px 16px;width:42%;max-width:220px;\"><a href=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1907-2024081521_dl.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"Cliquer pour voir en taille r\u00e9elle avec l\u00e9gende\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1907-2024081521_nc.jpg\" alt=\"L'immeuble Beaux-Arts de Daniel Burnham, \u00e0 State et Washington, 1907\" style=\"width:100%;border-radius:6px;box-shadow:0 2px 6px rgba(0,0,0,0.24);display:block;\"><\/a><figcaption style=\"font-size:10px;color:#2a1f14;font-weight:600;font-style:italic;margin-top:4px;line-height:1.3;\">L&rsquo;immeuble Beaux-Arts de treize \u00e9tages de Daniel Burnham, \u00e0 l&rsquo;angle des rues State et Washington, 1907.<\/figcaption><\/figure>\n<p>En 1909, l&rsquo;architecte Daniel Burnham, tout aur\u00e9ol\u00e9 de son triomphe comme directeur des travaux de l&rsquo;Exposition colombienne, publia le Plan de Chicago avec son collaborateur Edward Bennett, sous le patronage du Commercial Club of Chicago. C&rsquo;\u00e9tait le premier plan complet de d\u00e9veloppement physique jamais con\u00e7u pour une ville am\u00e9ricaine, et il imaginait une Chicago transform\u00e9e : un front de lac public et continu, lib\u00e9r\u00e9 des gares de triage et de l&rsquo;industrie priv\u00e9e, un syst\u00e8me de r\u00e9serves foresti\u00e8res ceinturant l&rsquo;agglom\u00e9ration, de larges boulevards diagonaux tranchant la trame urbaine existante, un centre civique monumental, et un syst\u00e8me unifi\u00e9 de ports et de voies rapides reliant l&rsquo;ensemble de la r\u00e9gion. On se souvient de Burnham pour une phrase, souvent cit\u00e9e sous des formes l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rentes, exhortant les urbanistes \u00e0 \u00ab ne pas faire de petits plans \u00bb, car les petits plans manquent de la magie n\u00e9cessaire pour enflammer le sang des hommes et risquent fort de ne jamais se r\u00e9aliser. Le front de lac de Chicago, rest\u00e9 largement \u00e0 l&rsquo;abri des promoteurs priv\u00e9s de Jackson Park \u00e0 Lincoln Park, et parcouru par Lake Shore Drive, est l&rsquo;h\u00e9ritage le plus visible du plan ; Grant Park, le Museum Campus, Navy Pier et le syst\u00e8me r\u00e9gional de r\u00e9serves foresti\u00e8res se rattachent tous \u00e0 la vision de Burnham et Bennett, m\u00eame si les projets les plus grandioses du plan pour un c\u0153ur civique monumental ne furent jamais construits tels quels. Le Plan de Chicago compta moins comme un plan directeur litt\u00e9ral que comme une d\u00e9monstration qu&rsquo;une ville industrielle moderne pouvait se penser sur plusieurs g\u00e9n\u00e9rations plut\u00f4t qu&rsquo;au rythme des cycles immobiliers, et d&rsquo;autres villes am\u00e9ricaines l&rsquo;\u00e9tudi\u00e8rent pendant des d\u00e9cennies comme un mod\u00e8le du mouvement City Beautiful.<\/p>\n<p>Le sculpteur chicagoan Lorado Taft donna \u00e0 cet id\u00e9al City Beautiful sa forme physique la plus durable. Form\u00e9 \u00e0 Paris et install\u00e9 pendant des d\u00e9cennies dans ses Midway Studios pr\u00e8s de l&rsquo;Universit\u00e9 de Chicago, Taft emplit les parcs de la ville de sculptures publiques monumentales, dont la Fountain of the Great Lakes (1913) devant l&rsquo;Art Institute et la Fountain of Time (1922) sur la Midway Plaisance, une frise de trente m\u00e8tres repr\u00e9sentant l&rsquo;humanit\u00e9 en marche devant une figure encapuchonn\u00e9e et scrutatrice du Temps lui-m\u00eame. Son \u00e9l\u00e8ve et assistant d&rsquo;atelier Leonard Crunelle perp\u00e9tua cette m\u00eame tradition de sculpture civique \u00e0 travers des monuments aux morts et des statues publiques \u00e0 Chicago et dans le reste de l&rsquo;Illinois pendant des d\u00e9cennies.<\/p>\n<div style=\"clear:both;\"><\/div>\n<h3 id=\"chap-era1901-sub3\" style=\"scroll-margin-top:60px;\">Combler le front de lac : des d\u00e9combres de l&rsquo;incendie \u00e0 Grant Park<\/h3>\n<figure style=\"margin:6px auto 14px;max-width:380px;text-align:center;\"><a href=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1905-2024071468_dl.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"Cliquer pour voir en taille r\u00e9elle avec l\u00e9gende\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1905-2024071468_nc.jpg\" alt=\"Vue vers l'ouest depuis Grant Park, 1905\" style=\"width:100%;border-radius:6px;box-shadow:0 2px 8px rgba(0,0,0,0.28);display:block;\"><\/a><figcaption style=\"font-size:11px;color:#2a1f14;font-weight:600;font-style:italic;margin-top:6px;line-height:1.4;\">Le Victoria Hotel, \u00e0 l&rsquo;angle de South Michigan Avenue et de Van Buren Street, vu vers l&rsquo;ouest depuis le Grant Park nouvellement combl\u00e9, 1905.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le front de lac que le plan de Burnham c\u00e9l\u00e9brait comme le grand espace civique de Chicago fut, tr\u00e8s litt\u00e9ralement, construit plut\u00f4t que d\u00e9couvert. Ce qui constitue aujourd&rsquo;hui Grant Park n&rsquo;existait pour ainsi dire pas comme terre ferme avant le Grand Incendie de 1871 ; les d\u00e9combres de la ville br\u00fbl\u00e9e furent d\u00e9vers\u00e9s le long du rivage \u00e0 l&rsquo;est de Michigan Avenue dans les mois qui suivirent le sinistre, et la pratique se poursuivit pendant des d\u00e9cennies, les gravats de construction, les cendres et les remblais repoussant progressivement le rivage vers l&rsquo;est. Le magnat de la vente par correspondance Aaron Montgomery Ward, dont l&rsquo;entrep\u00f4t de State Street donnait sur le parc, intenta entre 1890 et 1911 une s\u00e9rie de proc\u00e8s pour emp\u00eacher la ville et des int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s de construire sur ce nouveau terrain, invoquant un langage remontant \u00e0 un plan de 1836 des commissaires du canal, qui avait d\u00e9sign\u00e9 le front de lac comme un \u00ab terrain public \u2014 devant rester \u00e0 jamais libre de toute construction \u00bb. Les quatre proc\u00e8s de Ward, en grande partie couronn\u00e9s de succ\u00e8s, pr\u00e9serv\u00e8rent Grant Park de toute structure permanente et offrirent au plan de Burnham et Bennett de 1909 une v\u00e9ritable pelouse civique ouverte \u00e0 formaliser plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 inventer. Les remblais continu\u00e8rent d&rsquo;ajouter des surfaces jusque dans les ann\u00e9es 1920, tandis que le Field Museum of Natural History (1921), le Soldier Field (1924) et, juste au sud du parc, l&rsquo;Adler Planetarium et le Shedd Aquarium (tous deux de 1930) s&rsquo;\u00e9levaient sur des terrains nouvellement cr\u00e9\u00e9s, formant ce que l&rsquo;on appela le Museum Campus. Quelques rues plus au nord, une tout autre forme de remblai, celle-l\u00e0 enti\u00e8rement officieuse, \u00e9tait en cours : apr\u00e8s que le capitaine de go\u00e9lette George Wellington Streeter eut \u00e9chou\u00e9 son bateau sur un banc de sable au large du front de lac du Near North Side en 1886, lui-m\u00eame puis des promoteurs opportunistes pass\u00e8rent des ann\u00e9es \u00e0 d\u00e9verser des d\u00e9combres de construction autour de l&rsquo;\u00e9pave, agrandissant peu \u00e0 peu ce terrain habitable que Streeter revendiqua comme son propre \u00ab District du lac Michigan \u00bb, affranchi de la juridiction de Chicago. Des d\u00e9cennies de litiges finirent par r\u00e9gler la propri\u00e9t\u00e9 du terrain gagn\u00e9 sur le lac au profit de la ville et de promoteurs reconnus, et dans les ann\u00e9es 1920, l&rsquo;ancien banc de sable \u00e9tait devenu Streeterville, le quartier dense de gratte-ciel qui porte encore aujourd&rsquo;hui le nom du capitaine.<\/p>\n<h3 id=\"chap-era1901-sub4\" style=\"scroll-margin-top:60px;\">Des \u00e9cluses pour relier la rivi\u00e8re au monde<\/h3>\n<figure style=\"float:right;margin:4px 0 12px 16px;width:42%;max-width:220px;\"><a href=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1924-2026010156_dl.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"Cliquer pour voir en taille r\u00e9elle avec l\u00e9gende\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1924-2026010156_nc.jpg\" alt=\"Dragage du Chicago Sanitary and Ship Canal, 1924\" style=\"width:100%;border-radius:6px;box-shadow:0 2px 6px rgba(0,0,0,0.24);display:block;\"><\/a><figcaption style=\"font-size:10px;color:#2a1f14;font-weight:600;font-style:italic;margin-top:4px;line-height:1.3;\">Dragage d&rsquo;un batardeau sur le Sanitary and Ship Canal, \u00e0 hauteur de Cicero Avenue, 1924.<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;inversion du cours de 1900 avait r\u00e9solu le probl\u00e8me des eaux us\u00e9es de Chicago, mais elle en avait cr\u00e9\u00e9 un nouveau : la rivi\u00e8re Chicago s&rsquo;\u00e9coulant d\u00e9sormais en permanence loin du lac, le Sanitary District devait contr\u00f4ler avec pr\u00e9cision la quantit\u00e9 d&rsquo;eau du lac d\u00e9tourn\u00e9e vers le nouveau chenal, car un d\u00e9tournement excessif mena\u00e7ait le niveau du lac et la navigation sur l&rsquo;ensemble du syst\u00e8me des Grands Lacs \u2014 un diff\u00e9rend qui entra\u00eena Chicago dans des d\u00e9cennies de contentieux avec les \u00c9tats riverains rivaux et, finalement, devant la Cour supr\u00eame des \u00c9tats-Unis. Le Sanitary District r\u00e9pondit en partie au probl\u00e8me entre 1936 et 1938 en construisant la Chicago Harbor Lock \u00e0 l&#8217;embouchure de la rivi\u00e8re, un point de contr\u00f4le \u00e0 vannes permettant aux navires de passer du lac \u00e0 la rivi\u00e8re invers\u00e9e tout en limitant la quantit\u00e9 d&rsquo;eau du lac susceptible de s&rsquo;\u00e9chapper. Plus en aval, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral acheva en 1933 le Lockport Lock and Dam, ainsi qu&rsquo;une cha\u00eene d&rsquo;\u00e9cluses jumelles \u00e0 Brandon Road, Dresden Island, Marseilles et Starved Rock, achevant ainsi l&rsquo;Illinois Waterway et dotant Chicago d&rsquo;une voie d&rsquo;eau enti\u00e8rement canalis\u00e9e et contr\u00f4l\u00e9e par \u00e9cluses, reliant le lac Michigan au fleuve Mississippi. L&rsquo;ancien quartier du bois d&rsquo;\u0153uvre du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, le long de la branche sud, s&rsquo;\u00e9tait largement effac\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque, son commerce \u00e9tant de plus en plus assur\u00e9 par le rail, mais les \u00e9cluses et le Sanitary and Ship Canal maintenaient le corridor fluvial actif gr\u00e2ce \u00e0 une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration d&rsquo;industries : docks \u00e0 charbon, silos \u00e0 grains et, le long de la rivi\u00e8re Calumet plus au sud, les aci\u00e9ries et chantiers navals qui allaient d\u00e9finir la grande industrie de la r\u00e9gion pour le reste du si\u00e8cle.<\/p>\n<h3 id=\"chap-era1901-sub5\" style=\"scroll-margin-top:60px;\">La Grande Migration et la naissance de Bronzeville<\/h3>\n<p>Tandis que Burnham r\u00e9organisait sur le papier le front de lac de Chicago, une transformation bien plus vaste \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre dans les quartiers de la ville. \u00c0 partir de 1916 environ, et s&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rant nettement lorsque la Premi\u00e8re Guerre mondiale tarit l&rsquo;afflux de main-d&rsquo;\u0153uvre immigr\u00e9e europ\u00e9enne vers les usines et les abattoirs de Chicago, des dizaines de milliers de Noirs du Sud commenc\u00e8rent \u00e0 arriver \u00e0 Chicago dans ce que l&rsquo;on a appel\u00e9 la Grande Migration. Ils venaient surtout par le rail, beaucoup suivant la ligne de l&rsquo;Illinois Central vers le nord depuis le Mississippi, l&rsquo;Alabama, la Louisiane et le Tennessee, attir\u00e9s par les emplois industriels de guerre, les campagnes du journal Chicago Defender, et l&rsquo;espoir d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 la s\u00e9gr\u00e9gation des lois Jim Crow et \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie du m\u00e9tayage du Sud rural. La population noire de Chicago, environ 44 000 personnes en 1910, plus que doubla en une d\u00e9cennie. En raison des clauses restrictives sur les biens immobiliers, des associations de quartier blanches hostiles, et d&rsquo;actes de violence pure et simple contre les familles noires qui tentaient de s&rsquo;installer au-del\u00e0 d&rsquo;une \u00e9troite bande du South Side, les nouveaux arrivants furent canalis\u00e9s vers un corridor de plus en plus surpeupl\u00e9 le long de State Street, connu sous le nom de \u00ab Black Belt \u00bb, puis, plus fi\u00e8rement encore, de Bronzeville. Dans cette g\u00e9ographie contrainte, les Chicagoans noirs b\u00e2tirent un extraordinaire univers autosuffisant d&rsquo;\u00e9glises, d&rsquo;entreprises, de journaux, de compagnies d&rsquo;assurance et de bo\u00eetes de nuit, alors m\u00eame que la plupart des institutions de la ville leur demeuraient ferm\u00e9es.<\/p>\n<p>Cet univers autosuffisant trouva sa voix litt\u00e9raire la plus durable en la personne de la po\u00e9tesse Gwendolyn Brooks, qui grandit dans ces m\u00eames rues et publia en 1945 A Street in Bronzeville, un recueil qui transforma en art les kitchenettes et les vies pr\u00e9caires du quartier. Cinq ans plus tard, elle devint la premi\u00e8re \u00e9crivaine noire \u00e0 recevoir le prix Pulitzer, pour Annie Allen, une reconnaissance \u00e0 la fois de son propre talent et de la communaut\u00e9 qui l&rsquo;avait fa\u00e7onn\u00e9.<\/p>\n<h3 id=\"chap-era1901-sub6\" style=\"scroll-margin-top:60px;\">L&rsquo;\u00e9meute raciale de 1919<\/h3>\n<p>Les pressions d&rsquo;une migration rapide vers un march\u00e9 du logement hostile et surpeupl\u00e9, la concurrence pour l&#8217;emploi et l&rsquo;adh\u00e9sion syndicale, ainsi que le retour de v\u00e9t\u00e9rans noirs qui avaient combattu pour la d\u00e9mocratie en Europe pour ne trouver que la discrimination chez eux, atteignirent leur paroxysme durant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1919, rest\u00e9 dans les m\u00e9moires \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle nationale comme le \u00ab Red Summer \u00bb (l&rsquo;\u00c9t\u00e9 rouge), en raison de la vague de violence raciale qui balaya les villes am\u00e9ricaines. \u00c0 Chicago, l&rsquo;\u00e9tincelle jaillit le 27 juillet, lorsqu&rsquo;un adolescent noir nomm\u00e9 Eugene Williams d\u00e9riva sur un radeau au-del\u00e0 de la ligne invisible mais strictement respect\u00e9e s\u00e9parant un tron\u00e7on s\u00e9gr\u00e9gu\u00e9 du rivage du lac Michigan pr\u00e8s de la 29e rue. Des baigneurs blancs lui lanc\u00e8rent des pierres ; il se noya. Lorsque la police refusa d&rsquo;arr\u00eater l&rsquo;homme que des t\u00e9moins d\u00e9signaient comme responsable, la violence \u00e9clata et se propagea \u00e0 travers le South Side et le quartier des abattoirs. Pendant environ une semaine, des foules blanches, certaines organis\u00e9es autour de \u00ab clubs sportifs \u00bb ethniques, attaqu\u00e8rent des r\u00e9sidents noirs et incendi\u00e8rent des maisons, tandis que des violences en repr\u00e9sailles se produisaient \u00e9galement ; la milice de l&rsquo;Illinois dut finalement \u00eatre appel\u00e9e pour r\u00e9tablir l&rsquo;ordre. \u00c0 la fin de l&rsquo;\u00e9meute, on comptait trente-huit morts, quinze Blancs et vingt-trois Noirs, plus de cinq cents bless\u00e9s, et environ un millier de familles, en majorit\u00e9 noires, se retrouv\u00e8rent sans abri apr\u00e8s l&rsquo;incendie de leurs maisons. L&rsquo;ann\u00e9e suivante, le gouverneur de l&rsquo;Illinois Frank Lowden nomma la Chicago Commission on Race Relations, un organisme interracial de responsables civiques, pour mener l&rsquo;enqu\u00eate. Son rapport de 1922, \u00ab The Negro in Chicago: A Study of Race Relations and a Race Riot \u00bb, comptait plus de six cents pages et demeure un document de r\u00e9f\u00e9rence, retra\u00e7ant m\u00e9thodiquement les causes de l&rsquo;\u00e9meute \u2014 discrimination dans le logement, concurrence sur le march\u00e9 du travail et in\u00e9galit\u00e9 de traitement policier \u2014 et documentant avec un soin minutieux les conditions auxquelles les Chicagoans noirs \u00e9taient confront\u00e9s dans l&#8217;emploi, l&rsquo;\u00e9ducation et la vie publique. Ce fut l&rsquo;une des toutes premi\u00e8res tentatives d&rsquo;une ville am\u00e9ricaine pour affronter officiellement les causes structurelles de la violence raciale plut\u00f4t que de la traiter comme un acc\u00e8s de violence isol\u00e9.<\/p>\n<div style=\"clear:both;\"><\/div>\n<h3 id=\"chap-era1901-sub7\" style=\"scroll-margin-top:60px;\">La Prohibition, Capone et l&rsquo;industrie du crime<\/h3>\n<figure style=\"margin:6px auto 14px;max-width:380px;text-align:center;\"><a href=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1925-2024040459_dl.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"Cliquer pour voir en taille r\u00e9elle avec l\u00e9gende\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1925-2024040459_nc.jpg\" alt=\"La maison d'Al Capone, 7244 South Prairie Avenue, 1925\" style=\"max-width:100%;max-height:280px;width:auto;height:auto;display:block;margin:0 auto;border-radius:6px;box-shadow:0 2px 8px rgba(0,0,0,0.28);\"><\/a><figcaption style=\"font-size:11px;color:#2a1f14;font-weight:600;font-style:italic;margin-top:6px;line-height:1.4;\">La maison d&rsquo;Al Capone au 7244 South Prairie Avenue, Grand Crossing, 1925, lorsqu&rsquo;il devint pour la premi\u00e8re fois le chef du Chicago Outfit.<\/figcaption><\/figure>\n<figure style=\"float:right;margin:4px 0 12px 16px;width:42%;max-width:220px;\"><a href=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1929-2026010068_dl.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"Cliquer pour voir en taille r\u00e9elle avec l\u00e9gende\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1929-2026010068_nc.jpg\" alt=\"Le lieu du massacre de la Saint-Valentin, 1929\" style=\"width:100%;border-radius:6px;box-shadow:0 2px 6px rgba(0,0,0,0.24);display:block;\"><\/a><figcaption style=\"font-size:10px;color:#2a1f14;font-weight:600;font-style:italic;margin-top:4px;line-height:1.3;\">Des badauds au 2122 North Clark Street apr\u00e8s le massacre de la Saint-Valentin, le 14 f\u00e9vrier 1929.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La Prohibition nationale, en vigueur de 1920 \u00e0 1933, fit de Chicago la vitrine la plus tristement c\u00e9l\u00e8bre du crime organis\u00e9 aux \u00c9tats-Unis. Le Volstead Act n&#8217;emp\u00eacha pas les Chicagoans de boire ; il transf\u00e9ra simplement le commerce de l&rsquo;alcool entre les mains de contrebandiers pr\u00eats \u00e0 corrompre policiers et politiciens, et \u00e0 combattre leurs rivaux pour le contr\u00f4le des speakeasies, des brasseries clandestines et des circuits de distribution. Al Capone, arriv\u00e9 de Brooklyn pour travailler pour le chef de gang Johnny Torrio au d\u00e9but des ann\u00e9es 1920, et qui reprit l&rsquo;organisation lorsque Torrio se retira apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 en 1925, b\u00e2tit l&rsquo;entreprise criminelle la plus sophistiqu\u00e9e de l&rsquo;\u00e9poque, avec des revenus annuels estim\u00e9s \u00e0 plusieurs dizaines de millions de dollars provenant de l&rsquo;alcool, du jeu et de la prostitution. Capone cultivait une image publique de h\u00e9ros populaire et de philanthrope, alors m\u00eame que son organisation menait une guerre de gangs continue contre ses rivaux du North Side, dirig\u00e9s d&rsquo;abord par Dean O&rsquo;Banion puis par George \u00ab Bugs \u00bb Moran. Cette guerre atteignit son point culminant, macabre, le 14 f\u00e9vrier 1929, lorsque des hommes arm\u00e9s d\u00e9guis\u00e9s en policiers align\u00e8rent sept membres du gang de Moran contre le mur d&rsquo;un garage de North Clark Street et les abattirent, dans ce que la presse surnomma imm\u00e9diatement le massacre de la Saint-Valentin. Le massacre, bien que jamais formellement poursuivi en justice, fut largement attribu\u00e9 \u00e0 Capone et transforma la violence des gangs de Chicago en actualit\u00e9 internationale, nourrissant une image durable d&rsquo;une ville hors-la-loi et corrompue. Capone lui-m\u00eame ne fut jamais condamn\u00e9 pour meurtre ; il fut finalement emprisonn\u00e9 en 1931 pour fraude fiscale f\u00e9d\u00e9rale, une fin relativement banale pour une carri\u00e8re qui avait fait du \u00ab gangster de Chicago \u00bb un pilier de la culture populaire am\u00e9ricaine.<\/p>\n<div style=\"clear:both;\"><\/div>\n<h3 id=\"chap-era1901-sub8\" style=\"scroll-margin-top:60px;\">Big Bill Thompson, Anton Cermak et l&rsquo;essor de la machine politique<\/h3>\n<figure style=\"float:left;margin:4px 16px 12px 0;width:42%;max-width:220px;\"><a href=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1911-2025101596_dl.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"Cliquer pour voir en taille r\u00e9elle avec l\u00e9gende\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1911-2025101596_nc.jpg\" alt=\"Le nouveau palais de justice du comt\u00e9 de Cook et l'h\u00f4tel de ville en construction, 1911\" style=\"width:100%;border-radius:6px;box-shadow:0 2px 6px rgba(0,0,0,0.24);display:block;\"><\/a><figcaption style=\"font-size:10px;color:#2a1f14;font-weight:600;font-style:italic;margin-top:4px;line-height:1.3;\">Le nouveau palais de justice du comt\u00e9 de Cook et l&rsquo;h\u00f4tel de ville, achev\u00e9s en 1911.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le gangst\u00e9risme de l&rsquo;\u00e9poque de la Prohibition \u00e0 Chicago trouva un protecteur politique en la personne de William Hale \u00ab Big Bill \u00bb Thompson, le maire r\u00e9publicain qui gouverna la ville, avec une interruption d&rsquo;un mandat, de 1915 \u00e0 1931. Thompson fut une v\u00e9ritable figure nationale du spectacle politique \u2014 il mena\u00e7a de frapper le roi George V \u00ab sur le pif \u00bb \u00e0 propos d&rsquo;un affront imaginaire fait aux manuels d&rsquo;histoire am\u00e9ricains, agrandit le front de lac avec le Municipal Pier, plus tard rebaptis\u00e9 Navy Pier, et courtisa les \u00e9lecteurs noirs du South Side avec une franchise que peu de politiciens blancs de son \u00e9poque osaient afficher \u2014 mais son dernier mandat devint indissociable de l&#8217;empire de contrebande d&rsquo;Al Capone, dont l&rsquo;administration Thompson tol\u00e9rait, et selon certains r\u00e9cits prot\u00e9geait activement, l&rsquo;argent et la force en \u00e9change d&rsquo;un soutien \u00e9lectoral. Le scandale de cette alliance, conjugu\u00e9 au d\u00e9but de la D\u00e9pression, finit par briser l&#8217;emprise de Thompson sur l&rsquo;h\u00f4tel de ville en 1931, lorsque Anton Cermak, un d\u00e9mocrate n\u00e9 en Boh\u00eame qui avait pass\u00e9 des d\u00e9cennies \u00e0 assembler une coalition de Polonais, de Boh\u00e9miens, d&rsquo;Allemands et de Juifs pour contester la longue mainmise irlandaise sur le Parti d\u00e9mocrate de Chicago, remporta la mairie sans partage. Le mandat de Cermak lui-m\u00eame prit fin \u00e0 peine deux ans plus tard, lorsqu&rsquo;une balle d&rsquo;assassin apparemment destin\u00e9e au pr\u00e9sident \u00e9lu Franklin Roosevelt le frappa lors d&rsquo;une apparition publique \u00e0 Miami en f\u00e9vrier 1933. Les successeurs choisis par Cermak, le maire Edward J. Kelly et le pr\u00e9sident du parti Patrick Nash, pass\u00e8rent la d\u00e9cennie et demie suivante \u00e0 b\u00e2tir la machine d\u00e9mocrate disciplin\u00e9e, fond\u00e9e sur le client\u00e9lisme \u2014 la \u00ab machine Kelly-Nash \u00bb \u2014 qui fournirait \u00e0 la fois le mod\u00e8le organisationnel et une grande partie de l&rsquo;apprentissage personnel de l&rsquo;homme qui en h\u00e9riterait en 1955, Richard J. Daley.<\/p>\n<div style=\"clear:both;\"><\/div>\n<h3 id=\"chap-era1901-sub9\" style=\"scroll-margin-top:60px;\">L&rsquo;\u00e8re du jazz et la Renaissance de Chicago<\/h3>\n<figure style=\"margin:6px auto 14px;max-width:380px;text-align:center;\"><a href=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1913-2024061349_dl.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"Cliquer pour voir en taille r\u00e9elle avec l\u00e9gende\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1913-2024061349_nc.jpg\" alt=\"Midway Gardens, le jardin-brasserie de Frank Lloyd Wright, 1913\" style=\"max-width:100%;max-height:280px;width:auto;height:auto;display:block;margin:0 auto;border-radius:6px;box-shadow:0 2px 8px rgba(0,0,0,0.28);\"><\/a><figcaption style=\"font-size:11px;color:#2a1f14;font-weight:600;font-style:italic;margin-top:6px;line-height:1.4;\">Midway Gardens, \u00e0 l&rsquo;angle de Cottage Grove et de la 60e rue, 1913 \u2014 le jardin-brasserie et complexe de divertissement de Frank Lloyd Wright, avec une sculpture d&rsquo;Alfonso Iannelli.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Ces m\u00eames d\u00e9cennies produisirent l&rsquo;un des grands \u00e9panouissements de la culture am\u00e9ricaine. Alors que les musiciens de jazz de La Nouvelle-Orl\u00e9ans remontaient vers le nord en qu\u00eate de travail, le South Side de Chicago, en particulier le tron\u00e7on de clubs et de salles de danse le long de State Street et de la 35e rue, devint la nouvelle capitale de cette musique. Le cornettiste King Oliver dirigeait son Creole Jazz Band au Lincoln Gardens Cafe, et en 1922 il fit venir un jeune cornettiste de La Nouvelle-Orl\u00e9ans nomm\u00e9 Louis Armstrong pour le rejoindre comme second cornet. L&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;Armstrong \u00e0 Chicago est souvent consid\u00e9r\u00e9e comme le moment o\u00f9 le centre de gravit\u00e9 du jazz se d\u00e9pla\u00e7a vers le nord, et ses enregistrements ult\u00e9rieurs avec ses propres formations, le Hot Five et le Hot Seven, au milieu des ann\u00e9es 1920, contribu\u00e8rent \u00e0 \u00e9tablir sa r\u00e9putation de premier grand soliste virtuose de cette musique. Des musiciens blancs de Chicago, dont un cercle informel plus tard surnomm\u00e9 l&rsquo;\u00ab Austin High Gang \u00bb, s&rsquo;impr\u00e9gn\u00e8rent de ce qu&rsquo;ils entendaient dans les clubs du South Side et contribu\u00e8rent \u00e0 forger un style ardent et entra\u00eenant qui allait \u00eatre appel\u00e9 le jazz de style chicagoan. Au m\u00eame moment, la vie litt\u00e9raire de la ville s&rsquo;\u00e9panouissait dans ce que les critiques nomm\u00e8rent plus tard la Renaissance de Chicago. Theodore Dreiser avait d\u00e9j\u00e0 puis\u00e9 dans l&rsquo;effervescence commerciale de Chicago pour Sister Carrie ; Robert Herrick diss\u00e9quait cette m\u00eame classe commer\u00e7ante montante dans des romans chicagoans d&rsquo;ambition et de mariage ; Sherwood Anderson, qui travaillait dans la publicit\u00e9 \u00e0 Chicago, \u00e9crivit Winesburg, Ohio tout en \u00e9tant plong\u00e9 dans les cercles litt\u00e9raires de la ville ; Vachel Lindsay sillonnait le pays en r\u00e9citant des po\u00e8mes destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre scand\u00e9s au rythme d&rsquo;un tambour, parmi lesquels \u00ab General William Booth Enters Into Heaven \u00bb et \u00ab The Congo \u00bb ; et Carl Sandburg, ancien journaliste de Milwaukee install\u00e9 \u00e0 Chicago, publia Chicago Poems en 1916, ouvert par le po\u00e8me \u00ab Chicago \u00bb, qui d\u00e9crivait fameusement la ville comme \u00ab Hog Butcher for the World \u00bb (boucher de porcs pour le monde entier) et \u00ab City of the Big Shoulders \u00bb (ville aux larges \u00e9paules), une image de vitalit\u00e9 industrielle bagarreuse que les Chicagoans adopt\u00e8rent comme leur propre autoportrait pour des g\u00e9n\u00e9rations. L\u00e0 o\u00f9 le plan de Burnham cherchait \u00e0 donner \u00e0 Chicago un visage civique monumental, Sandburg et ses contemporains lui donn\u00e8rent une voix, brute, muscl\u00e9e et fi\u00e8re de sa propre rudesse. Le romancier Hamlin Garland, alors \u00e9loign\u00e9 d&rsquo;une d\u00e9cennie du r\u00e9alisme \u00e2pre du Midwest de Main-Travelled Roads, offrit au mouvement son propre lieu de r\u00e9union en 1907, en fondant The Cliff Dwellers comme lieu de rassemblement pour les \u00e9crivains, architectes et artistes de la ville ; il remporta \u00e0 son tour le prix Pulitzer en 1922, pour A Daughter of the Middle Border. Pendant la majeure partie du vingti\u00e8me si\u00e8cle, le club occupa un penthouse au sommet d&rsquo;Orchestra Hall \u2014 lui-m\u00eame con\u00e7u par son confr\u00e8re Daniel Burnham \u2014 et am\u00e9nag\u00e9 pour les Cliff Dwellers par un autre membre, l&rsquo;architecte Howard Van Doren Shaw.<\/p>\n<p>Les Cliff Dwellers n&rsquo;\u00e9taient pas une exp\u00e9rience isol\u00e9e, mais s&rsquo;inscrivaient dans une lign\u00e9e bien plus longue de clubs priv\u00e9s qui avaient fa\u00e7onn\u00e9 la vie culturelle de Chicago depuis les ann\u00e9es de reconstruction, et d&rsquo;autres vagues suivirent en l&rsquo;espace d&rsquo;une d\u00e9cennie. L&rsquo;Arts Club of Chicago, fond\u00e9 en 1916, en partie en r\u00e9action \u00e0 l&rsquo;accueil ti\u00e8de r\u00e9serv\u00e9 par la ville \u00e0 l&rsquo;Armory Show de 1913, devint la vitrine la plus importante du pays pour l&rsquo;art moderne avant m\u00eame l&rsquo;existence du Museum of Modern Art, accueillant en 1923 la premi\u00e8re exposition personnelle am\u00e9ricaine de Pablo Picasso. Un pendant plus tapageur prosp\u00e9rait quelques rues plus au nord : le Dill Pickle Club, fond\u00e9 en 1917 par le syndicaliste Jack Jones dans le sillage de la culture des tribunes improvis\u00e9es de la proche Bughouse Square, attirait nombre des m\u00eames \u00e9crivains de la Renaissance de Chicago \u2014 Anderson, Sandburg et Dreiser parmi eux \u2014 aux c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;anarchistes, de po\u00e8tes et de vagabonds, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la D\u00e9pression ferme ses portes en 1934.<\/p>\n<h3 id=\"chap-era1901-sub10\" style=\"scroll-margin-top:60px;\">Les studios Essanay et l&rsquo;heure de gloire du cin\u00e9ma chicagoan<\/h3>\n<figure style=\"float:right;margin:4px 0 12px 16px;width:42%;max-width:220px;\"><a href=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1907-2024092499_dl.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"Cliquer pour voir en taille r\u00e9elle avec l\u00e9gende\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1907-2024092499_nc.jpg\" alt=\"Le Theatorium Theater, 1907\" style=\"width:100%;border-radius:6px;box-shadow:0 2px 6px rgba(0,0,0,0.24);display:block;\"><\/a><figcaption style=\"font-size:10px;color:#2a1f14;font-weight:600;font-style:italic;margin-top:4px;line-height:1.3;\">Le Theatorium Theater, 178 North State Street, ouvert en 1907, l&rsquo;une des toutes premi\u00e8res salles de cin\u00e9ma de Chicago.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Avant que Hollywood ne concentre l&rsquo;industrie cin\u00e9matographique sur la c\u00f4te ouest, Chicago fut bri\u00e8vement l&rsquo;une des adresses les plus importantes du cin\u00e9ma am\u00e9ricain. George Kirke Spoor et l&rsquo;acteur cow-boy Gilbert M. \u00ab Broncho Billy \u00bb Anderson fond\u00e8rent la Essanay Film Manufacturing Company \u00e0 Chicago en 1907 \u2014 le nom \u00e9tant l&rsquo;\u00e9pellation phon\u00e9tique de leurs initiales, S et A \u2014 et construisirent un studio sur Argyle Street, dans le North Side, qui produisait chaque ann\u00e9e des centaines de courts m\u00e9trages d&rsquo;une ou deux bobines. Le plus grand coup d&rsquo;\u00e9clat d&rsquo;Essanay survint fin 1914, lorsque la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9baucha Charlie Chaplin du studio Keystone de Mack Sennett en lui offrant un salaire plus \u00e9lev\u00e9 et sa propre unit\u00e9 de production ; Chaplin tourna quatorze com\u00e9dies pour Essanay en 1915 et 1916, dont <em>The Tramp<\/em>, le film qui introduisit le plan final m\u00e9lancolique \u2014 le vagabond solitaire s&rsquo;\u00e9loignant sur une route de campagne \u2014 qui devint sa signature. Une jeune figurante n\u00e9e \u00e0 Chicago, nomm\u00e9e Gloria Swanson, y fit ses d\u00e9buts dans de petits r\u00f4les au sein de plusieurs de ces m\u00eames films Essanay, avant de conna\u00eetre la gloire \u00e0 Hollywood et, des d\u00e9cennies plus tard, une nomination aux Oscars pour <em>Sunset Boulevard<\/em>. Le studio chicagoan d&rsquo;Essanay ne put rivaliser bien longtemps avec l&rsquo;ensoleillement permanent et les terrains moins chers de la Californie du Sud, et la production d\u00e9clina durant la fin des ann\u00e9es 1910 ; mais pendant quelques ann\u00e9es remarquables, l&rsquo;avenir du cin\u00e9ma am\u00e9ricain passa par une ancienne \u00e9curie de louage du North Side.<\/p>\n<div style=\"clear:both;\"><\/div>\n<h3 id=\"chap-era1901-sub11\" style=\"scroll-margin-top:60px;\">Le Goodman Theatre et l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or de la radio<\/h3>\n<figure style=\"margin:6px auto 14px;max-width:380px;text-align:center;\"><a href=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1925-2024040306_dl.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"Cliquer pour voir en taille r\u00e9elle avec l\u00e9gende\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1925-2024040306_nc.jpg\" alt=\"Le Goodman Theatre d'origine, 1925\" style=\"width:100%;border-radius:6px;box-shadow:0 2px 8px rgba(0,0,0,0.28);display:block;\"><\/a><figcaption style=\"font-size:11px;color:#2a1f14;font-weight:600;font-style:italic;margin-top:6px;line-height:1.4;\">Le Goodman Theatre d&rsquo;origine, con\u00e7u par Howard Van Doren Shaw, \u00e0 l&rsquo;angle de Columbus Drive et d&rsquo;Adams Street, 1925.<\/figcaption><\/figure>\n<figure style=\"float:left;margin:4px 16px 12px 0;width:42%;max-width:220px;\"><a href=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1948-2023030964_dl.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"Cliquer pour voir en taille r\u00e9elle avec l\u00e9gende\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1948-2023030964_nc.jpg\" alt=\"WGN Channel 9 entre en ondes, 1948\" style=\"width:100%;border-radius:6px;box-shadow:0 2px 6px rgba(0,0,0,0.24);display:block;\"><\/a><figcaption style=\"font-size:10px;color:#2a1f14;font-weight:600;font-style:italic;margin-top:4px;line-height:1.3;\">WGN Channel 9 entre en ondes, 1948, cam\u00e9ras d&rsquo;actualit\u00e9s devant la station.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le th\u00e9\u00e2tre vivant de Chicago trouva une nouvelle institution durable en 1925, lorsque William O. et Erna Goodman firent don de 250 000 dollars \u00e0 l&rsquo;Art Institute of Chicago pour construire un th\u00e9\u00e2tre de r\u00e9pertoire et une \u00e9cole d&rsquo;art dramatique \u00e0 la m\u00e9moire de leur fils, le dramaturge Kenneth Sawyer Goodman, mort lors de la pand\u00e9mie de grippe de 1918. Con\u00e7u par l&rsquo;architecte Howard Van Doren Shaw \u2014 dont le propre portrait de Cliff Dweller et les r\u00e9alisations figurent ailleurs sur cette carte \u2014 le Goodman Theatre ouvrit ses portes le 20 octobre 1925 et demeure, \u00e0 travers ses r\u00e9organisations ult\u00e9rieures, le plus ancien th\u00e9\u00e2tre \u00e0 but non lucratif de la ville encore en activit\u00e9 continue. Presque au m\u00eame moment, Chicago devint l&rsquo;une des trois ou quatre villes qui b\u00e2tirent le premier \u00e2ge d&rsquo;or de la radio am\u00e9ricaine : parce que le relief plat du Midwest permettait \u00e0 un signal chicagoan puissant de porter de la c\u00f4te atlantique jusqu&rsquo;aux Rocheuses, et parce que la ville se trouvait au point de jonction des jeunes r\u00e9seaux transcontinentaux, la station WGN, diffusant depuis le Wrigley Building, ainsi que WMAQ et WLS, aliment\u00e8rent une part remarquable de la programmation quotidienne du pays tout au long des ann\u00e9es 1920 et 1930. Le feuilleton de WGN de 1926, <em>Sam &lsquo;n&rsquo; Henry<\/em>, cr\u00e9\u00e9 par Freeman Gosden et Charles Correll, d\u00e9m\u00e9nagea de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la ville vers WMAQ en 1928 et renaquit sous le nom d&rsquo;<em>Amos &lsquo;n&rsquo; Andy<\/em>, qui devint le tout premier v\u00e9ritable ph\u00e9nom\u00e8ne national de la radio en r\u00e9seau et, aux c\u00f4t\u00e9s de succ\u00e8s locaux comme <em>Fibber McGee and Molly<\/em>, porta le nom de Chicago jusque dans des millions de foyers am\u00e9ricains, des ann\u00e9es avant l&rsquo;existence de la t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<div style=\"clear:both;\"><\/div>\n<h3 id=\"chap-era1901-sub12\" style=\"scroll-margin-top:60px;\">Une exposition universelle au c\u0153ur de la D\u00e9pression<\/h3>\n<figure style=\"margin:6px auto 16px;max-width:420px;text-align:center;\"><a href=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1933-2026010206_dl.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"Cliquer pour voir en taille r\u00e9elle avec l\u00e9gende\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1933-2026010206_nc.jpg\" alt=\"Century of Progress Exposition, 1933\" style=\"width:100%;border-radius:6px;box-shadow:0 2px 8px rgba(0,0,0,0.28);display:block;\"><\/a><figcaption style=\"font-size:11px;color:#2a1f14;font-weight:600;font-style:italic;margin-top:6px;line-height:1.4;\">Panorama a\u00e9rien de la Century of Progress International Exposition, sur Northerly Island, 1933.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1930, la D\u00e9pression avait d\u00e9vast\u00e9 l&rsquo;\u00e9conomie industrielle de Chicago, jetant des centaines de milliers de personnes au ch\u00f4mage. C&rsquo;est dans ce contexte que la ville organisa la Century of Progress International Exposition en 1933 et 1934, cens\u00e9e marquer officiellement le centenaire de la ville en tant que municipalit\u00e9 constitu\u00e9e, mais en r\u00e9alit\u00e9 un exercice d&rsquo;optimisme civique, b\u00e2ti sur des terrains gagn\u00e9s sur le lac au sud du Loop. \u00c0 l&rsquo;inverse de la grandeur classique en pl\u00e2tre blanc de l&rsquo;exposition de 1893, la Century of Progress adoptait une esth\u00e9tique moderniste et a\u00e9rodynamique, ainsi qu&rsquo;un th\u00e8me de progr\u00e8s scientifique et technologique, avec des pavillons de grandes entreprises, un \u00ab Sky Ride \u00bb illumin\u00e9 et, dans un coup de publicit\u00e9 largement relay\u00e9, un faisceau lumineux pr\u00e9tendument d\u00e9clench\u00e9 par la lumi\u00e8re de l&rsquo;\u00e9toile Arcturus. L&rsquo;exposition attira des dizaines de millions de visiteurs sur ses deux saisons et d\u00e9gagea un modeste b\u00e9n\u00e9fice, un exploit rare pour une exposition universelle, et pour une ville meurtrie, elle offrit une vision ma\u00eetris\u00e9e et \u00e9lectriquement \u00e9clair\u00e9e d&rsquo;un avenir qui m\u00e9ritait encore d&rsquo;\u00eatre b\u00e2ti, alors m\u00eame que les files d&rsquo;attente pour la soupe populaire et les Hoovervilles persistaient \u00e0 quelques kilom\u00e8tres \u00e0 peine.<\/p>\n<p>Les pavillons modernistes de l&rsquo;exposition prirent forme sous l&rsquo;\u00e9gide d&rsquo;une Commission architecturale qui comptait John A. Holabird, lequel avait repris le cabinet c\u00e9l\u00e8bre de son p\u00e8re William Holabird, Holabird &amp; Roche, apr\u00e8s la mort de ses deux associ\u00e9s fondateurs \u2014 William Holabird et Martin Roche \u2014 \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1920. Rebaptis\u00e9 Holabird &amp; Root, le cabinet s&#8217;employait, sous la direction du plus jeune des Holabird, \u00e0 redessiner la silhouette du Loop avec des tours Art d\u00e9co telles que le Chicago Board of Trade Building (1930) et le Palmolive Building (1929) ; son fils, John A. Holabird Jr., rejoignit lui aussi le cabinet plus tard, en devenant associ\u00e9 en 1970 et en le menant jusque dans l&rsquo;apr\u00e8s-guerre.<\/p>\n<h3 id=\"chap-era1901-sub13\" style=\"scroll-margin-top:60px;\">L&rsquo;Arsenal de la d\u00e9mocratie<\/h3>\n<figure style=\"margin:6px auto 14px;max-width:380px;text-align:center;\"><a href=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1943-2026020478_dl.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"Cliquer pour voir en taille r\u00e9elle avec l\u00e9gende\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1943-2026020478_nc.jpg\" alt=\"Usine de bombardiers Douglas C-54, 1943\" style=\"width:100%;border-radius:6px;box-shadow:0 2px 8px rgba(0,0,0,0.28);display:block;\"><\/a><figcaption style=\"font-size:11px;color:#2a1f14;font-weight:600;font-style:italic;margin-top:6px;line-height:1.4;\">L&rsquo;usine d&rsquo;avions Douglas C-54 (plus tard Orchard Field, aujourd&rsquo;hui l&rsquo;a\u00e9roport international O&rsquo;Hare), vue a\u00e9rienne, 1943.<\/figcaption><\/figure>\n<figure style=\"float:right;margin:4px 0 12px 16px;width:42%;max-width:220px;\"><a href=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1943-2024092496_dl.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"Cliquer pour voir en taille r\u00e9elle avec l\u00e9gende\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1943-2024092496_nc.jpg\" alt=\"Vente de bons de guerre \u00e0 Union Station, 1943\" style=\"width:100%;border-radius:6px;box-shadow:0 2px 6px rgba(0,0,0,0.24);display:block;\"><\/a><figcaption style=\"font-size:10px;color:#2a1f14;font-weight:600;font-style:italic;margin-top:4px;line-height:1.3;\">Vente de bons de guerre \u00e0 la gare Union Station de Chicago, 1943.<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&#8217;emprise de la D\u00e9pression se rel\u00e2cha enfin avec la mobilisation pour la Seconde Guerre mondiale, qui rendit presque du jour au lendemain le plein emploi aux usines, aux gares de triage et aux aci\u00e9ries de Chicago. La base industrielle d\u00e9j\u00e0 existante de la ville, son statut de plaque tournante ferroviaire et sa main-d&rsquo;\u0153uvre qualifi\u00e9e en firent l&rsquo;un des centres de production les plus importants du pays pour l&rsquo;effort de guerre, produisant acier, munitions, moteurs d&rsquo;avion, mat\u00e9riel \u00e9lectronique et d&rsquo;innombrables autres fournitures militaires ; les abattoirs qui avaient fait la renomm\u00e9e de Chicago comme centre d&#8217;emballage de viande nourrissaient d\u00e9sormais une arm\u00e9e autant qu&rsquo;une nation. Les ann\u00e9es de guerre attir\u00e8rent \u00e9galement une seconde vague de la Grande Migration, tandis que des travailleurs noirs et blancs affluaient vers le nord pour occuper des emplois li\u00e9s \u00e0 la d\u00e9fense, gonflant et remodelant encore davantage des quartiers d\u00e9j\u00e0 transform\u00e9s une g\u00e9n\u00e9ration plus t\u00f4t. Chicago acheva les ann\u00e9es de guerre comme l&rsquo;une des r\u00e9gions industrielles les plus productives du monde, ses usines tournant \u00e0 plein r\u00e9gime, alors m\u00eame que les vieilles fractures sociales de la ville \u2014 sur le logement, sur les fronti\u00e8res de quartier, sur le pouvoir politique \u2014 demeuraient largement irr\u00e9solues et referaient surface au cours des d\u00e9cennies suivantes.<\/p>\n<div style=\"clear:both;\"><\/div>\n<h3 id=\"chap-era1901-sub14\" style=\"scroll-margin-top:60px;\">La ville que ces cinquante ann\u00e9es ont fa\u00e7onn\u00e9e<\/h3>\n<figure style=\"margin:6px auto 14px;max-width:400px;text-align:center;\"><a href=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1950-2024071460_dl.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"Cliquer pour voir en taille r\u00e9elle avec l\u00e9gende\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1950-2024071460_nc.jpg\" alt=\"Vue a\u00e9rienne du Loop depuis Grant Park, 1950\" style=\"width:100%;border-radius:6px;box-shadow:0 2px 8px rgba(0,0,0,0.28);display:block;\"><\/a><figcaption style=\"font-size:11px;color:#2a1f14;font-weight:600;font-style:italic;margin-top:6px;line-height:1.4;\">Vue a\u00e9rienne vers le nord-est depuis Grant Park en direction du Loop et de Michigan Avenue, 1950.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Pris ensemble, les ann\u00e9es 1901 \u00e0 1950 donn\u00e8rent \u00e0 Chicago sa double identit\u00e9 durable. Ce fut la ville du plan audacieux de Burnham pour le front de lac et des vers muscl\u00e9s de Sandburg, du cornet d&rsquo;Armstrong et de la Century of Progress, un lieu qui affirmait, malgr\u00e9 des preuves consid\u00e9rables du contraire, qu&rsquo;il b\u00e2tissait vers quelque chose de meilleur. Ce fut aussi la ville de l&rsquo;\u00e9meute de 1919 et du massacre de la Saint-Valentin, un lieu dont le nom devint, dans le monde entier, synonyme \u00e0 la fois de la violence des gangs et d&rsquo;une injustice raciale jamais r\u00e9solue. La Grande Migration modifia durablement la carte d\u00e9mographique de Chicago, faisant de Bronzeville noire \u00e0 la fois une capitale culturelle vibrante et un quartier confin\u00e9 et mal desservi, dont les fronti\u00e8res avaient \u00e9t\u00e9 trac\u00e9es par la peur et la discrimination plut\u00f4t que par le choix \u2014 un sch\u00e9ma que le rapport de la Commission de 1922 documenta en d\u00e9tail et qui allait fa\u00e7onner la politique et la g\u00e9ographie de Chicago pour le reste du si\u00e8cle. En 1950, la Chicago qui avait autrefois \u00e9t\u00e9 un simple comptoir commercial de la fronti\u00e8re, puis une ville ferroviaire en plein essor, \u00e9tait redevenue quelque chose de nouveau : une puissance industrielle mondiale, une capitale culturelle, un synonyme de crime organis\u00e9, et une ville dont la population noire, la migration ayant refa\u00e7onn\u00e9 des pans entiers de ses South Side et West Side, allait d\u00e9finir une grande partie de son histoire du vingti\u00e8me si\u00e8cle encore \u00e0 venir.<\/p>\n<div style=\"clear:both;\"><\/div>\n<p style=\"font-size:12px;color:#000;font-weight:700;margin-top:14px;\"><u>Sources<\/u> : Daniel H. Burnham and Edward H. Bennett, <a href=\"https:\/\/archive.org\/details\/planofchicago00burnuoft\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" style=\"color:#0645AD;text-decoration:underline;\">Plan of Chicago<\/a> (1909); Carl Sandburg, <a href=\"https:\/\/archive.org\/details\/chicagopoems00sanduoft\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" style=\"color:#0645AD;text-decoration:underline;\">Chicago Poems<\/a> (1916); Chicago Commission on Race Relations, <a href=\"https:\/\/www.gutenberg.org\/ebooks\/57343\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" style=\"color:#0645AD;text-decoration:underline;\">The Negro in Chicago: A Study of Race Relations and a Race Riot<\/a> (1922); sources g\u00e9n\u00e9rales de r\u00e9f\u00e9rence et d&rsquo;archives sur Al Capone, le massacre de la Saint-Valentin, la sc\u00e8ne jazz de Chicago et l&rsquo;arriv\u00e9e de Louis Armstrong en 1922, ainsi que sur la Century of Progress Exposition de 1933\u20131934; Lois Wille, <a href=\"https:\/\/www.amazon.com\/Forever-Open-Clear-Free-Lakefront\/dp\/0226898725\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" style=\"color:#0645AD;text-decoration:underline;\">Forever Open, Clear, and Free: The Struggle for Chicago&rsquo;s Lakefront<\/a> (1972); Encyclopedia of Chicago, <a href=\"http:\/\/www.encyclopedia.chicagohistory.org\/pages\/716.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" style=\"color:#0645AD;text-decoration:underline;\">Lakefill<\/a>; Libby Hill, <a href=\"https:\/\/www.amazon.com\/Chicago-River-Natural-Unnatural-History\/dp\/0809335301\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" style=\"color:#0645AD;text-decoration:underline;\">The Chicago River: A Natural and Unnatural History<\/a> (2000); U.S. Army Corps of Engineers, Rock Island District, <a href=\"https:\/\/www.lrd.usace.army.mil\/Missions\/Projects\/Display\/Article\/3638555\/lockport-lock\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" style=\"color:#0645AD;text-decoration:underline;\">Lockport Lock<\/a>; Douglas Bukowski, <a href=\"https:\/\/www.press.uillinois.edu\/books\/?id=p066689\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" style=\"color:#0645AD;text-decoration:underline;\">Big Bill Thompson, Chicago, and the Politics of Image<\/a> (1998); Roger Biles, <a href=\"https:\/\/www.amazon.com\/Big-City-Boss-Depression-War\/dp\/087580098X\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" style=\"color:#0645AD;text-decoration:underline;\">Big City Boss in Depression and War: Mayor Edward J. Kelly of Chicago<\/a> (1984); Emmett Dedmon, <a href=\"https:\/\/archive.org\/details\/fabulouschicago0000dedm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" style=\"color:#0645AD;text-decoration:underline;\">Fabulous Chicago<\/a> (1953); Essanay Film Manufacturing Co., <a href=\"https:\/\/www.madeinchicagomuseum.com\/single-post\/essanay-studios\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" style=\"color:#0645AD;text-decoration:underline;\">Made-in-Chicago Museum<\/a>; Chicago History Museum, <a href=\"https:\/\/www.chicagohistory.org\/chicagos-silent-stars\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" style=\"color:#0645AD;text-decoration:underline;\">Chicago&rsquo;s Silent Stars<\/a>; Goodman Theatre, <a href=\"https:\/\/www.goodmantheatre.org\/about\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" style=\"color:#0645AD;text-decoration:underline;\">Chicago&rsquo;s Oldest Theatre \u2014 Our Mission<\/a>; Cheryl Honigford, <a href=\"http:\/\/cherylhonigford.com\/index.php\/2016\/07\/27\/a-very-brief-history-of-old-time-radio-in-chicago\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" style=\"color:#0645AD;text-decoration:underline;\">A Very Brief History of Old Time Radio in Chicago<\/a>.<\/p>\n<p style=\"font-size:12px;color:#000;font-weight:700;margin-top:14px;\"><u>Cr\u00e9dits photographiques<\/u> : la maison d&rsquo;Al Capone sur Prairie Avenue, 1925 \u2014 Chicago History Museum; sc\u00e8ne du massacre de la Saint-Valentin, 1929 \u2014 Chicago History Museum; palais de justice du comt\u00e9 de Cook et h\u00f4tel de ville, 1911 \u2014 Chicago History Museum \/ Great Chicago Fire &amp; the Web of Memory (photographie Barnes-Crosby); Midway Gardens, 1913 \u2014 Frank Lloyd Wright Foundation Archives \/ Art Institute of Chicago; Century of Progress Exposition, 1933 \u2014 Newberry Library, Chicago Aerial Survey Collection. Les sources internet des autres photos ne sont pas identifi\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<p>\u2190 <a href=\"\/?page_id=34049\">Pr\u00e9c\u00e9dent : Chapitre 3, Chicago apr\u00e8s l&rsquo;incendie<\/a> &nbsp;|&nbsp; <a href=\"https:\/\/wbowe.com\/fr\/histoire-vintage-chicago\/\">Introduction<\/a> &nbsp;|&nbsp; <a href=\"https:\/\/wbowe.com\/fr\/chicago-ere-numerique-1951-2000\/\">Suivant : Chapitre 5, Chicago \u00e0 l&rsquo;\u00e8re num\u00e9rique \u2192<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wbowe.com\/map-vintage-chicago\/\">Explorez la carte interactive Vintage Chicago<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chapitre 4 : Chicago \u00e0 l&rsquo;\u00e8re du jazz, 1901\u20131950 Le centre-ville de Chicago, 1930 \u2014 la Tribune Tower et le Wrigley Building ancrant une silhouette  [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_relevanssi_hide_post":"","_relevanssi_hide_content":"","_relevanssi_pin_for_all":"","_relevanssi_pin_keywords":"","_relevanssi_unpin_keywords":"","_relevanssi_related_keywords":"","_relevanssi_related_include_ids":"","_relevanssi_related_exclude_ids":"","_relevanssi_related_no_append":"","_relevanssi_related_not_related":"","_relevanssi_related_posts":"","_relevanssi_noindex_reason":"","footnotes":""},"class_list":["post-34051","page","type-page","status-publish","hentry"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v28.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Chicago \u00e0 l&#039;\u00e8re du jazz, 1901-1950 | L&#039;histoire d&#039;un Cliff Dweller - William J. Bowe<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/wbowe.com\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Chicago \u00e0 l&#039;\u00e8re du jazz, 1901-1950 | L&#039;histoire d&#039;un Cliff Dweller - William J. Bowe\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Chapitre 4 : Chicago \u00e0 l&rsquo;\u00e8re du jazz, 1901\u20131950 Le centre-ville de Chicago, 1930 \u2014 la Tribune Tower et le Wrigley Building ancrant une silhouette [...]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/wbowe.com\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"William J. Bowe\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1930-2026030678_nc.jpg\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"27 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/wbowe.com\\\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/wbowe.com\\\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\\\/\",\"name\":\"Chicago \u00e0 l'\u00e8re du jazz, 1901-1950 | L'histoire d'un Cliff Dweller - William J. Bowe\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/wbowe.com\\\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/wbowe.com\\\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\\\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/wbowe.com\\\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/wbowe.com\\\/vintage-chicago\\\/1930-2026030678_nc.jpg\",\"datePublished\":\"2026-08-08T23:54:25+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/wbowe.com\\\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/wbowe.com\\\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\\\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/wbowe.com\\\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\\\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\\\/\\\/wbowe.com\\\/vintage-chicago\\\/1930-2026030678_nc.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/wbowe.com\\\/vintage-chicago\\\/1930-2026030678_nc.jpg\"},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/wbowe.com\\\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/wbowe.com\\\/fr\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Chicago \u00e0 l&rsquo;\u00e8re du jazz, 1901-1950 | L&rsquo;histoire d&rsquo;un Cliff Dweller\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/wbowe.com\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/wbowe.com\\\/\",\"name\":\"William J. Bowe\",\"description\":\"William J. Bowe\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/wbowe.com\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Chicago \u00e0 l'\u00e8re du jazz, 1901-1950 | L'histoire d'un Cliff Dweller - William J. Bowe","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/wbowe.com\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Chicago \u00e0 l'\u00e8re du jazz, 1901-1950 | L'histoire d'un Cliff Dweller - William J. Bowe","og_description":"Chapitre 4 : Chicago \u00e0 l&rsquo;\u00e8re du jazz, 1901\u20131950 Le centre-ville de Chicago, 1930 \u2014 la Tribune Tower et le Wrigley Building ancrant une silhouette [...]","og_url":"https:\/\/wbowe.com\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\/","og_site_name":"William J. Bowe","og_image":[{"url":"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1930-2026030678_nc.jpg","type":"","width":"","height":""}],"twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"27 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/wbowe.com\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\/","url":"https:\/\/wbowe.com\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\/","name":"Chicago \u00e0 l'\u00e8re du jazz, 1901-1950 | L'histoire d'un Cliff Dweller - William J. Bowe","isPartOf":{"@id":"https:\/\/wbowe.com\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/wbowe.com\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/wbowe.com\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1930-2026030678_nc.jpg","datePublished":"2026-08-08T23:54:25+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/wbowe.com\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/wbowe.com\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/wbowe.com\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\/#primaryimage","url":"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1930-2026030678_nc.jpg","contentUrl":"https:\/\/wbowe.com\/vintage-chicago\/1930-2026030678_nc.jpg"},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/wbowe.com\/chicago-ere-du-jazz-1901-1950\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/wbowe.com\/fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Chicago \u00e0 l&rsquo;\u00e8re du jazz, 1901-1950 | L&rsquo;histoire d&rsquo;un Cliff Dweller"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/wbowe.com\/#website","url":"https:\/\/wbowe.com\/","name":"William J. Bowe","description":"William J. Bowe","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/wbowe.com\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wbowe.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/34051","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wbowe.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/wbowe.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wbowe.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wbowe.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=34051"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wbowe.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/34051\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":34052,"href":"https:\/\/wbowe.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/34051\/revisions\/34052"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wbowe.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=34051"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}